Oui, être assis au bord de ce lac apaisait l'érudit qui pouvait durant quelques heures, échapper à ses préoccupations restaient au palais. Être ici en présence de son amant le ravissait. Ce corps assis sur lui, cette douce chaleur, cette tendre et innocente voix l'attendrissait et il en enlaçait ce jeune corps en le collant contre le sien. Enfin le garçon vint partager un de ces baisers dont raffole le trentenaire.
Cet endroit lui semblait bien plus propice et ce genre de caprice plutôt que la salle de réception dans la quelle se trouvait Farnyf guettant toute chose pouvant déranger à ce désordre ordonné. Oui, cet endroit : les bords de ce lac, étaient plus propice à certains gestes, certaines pensées et à certaines entreprises que le grand frère de Yuki ne tolère pas. Du moins quand il s'agit de Yuki et d'Ahren...
Un sourire plus familier au jeune prince se posa sur les lèvres de son bien aimé. Et ce n'était point sans vouloir communiquer ses pensées qu'Ahren passa, sous l'habit du jeune garçon, ses mains dans ce dos à la peau douce et délicate. L'érudit caressa cette peau et posa la tête sur l'épaule de Yuki à fin de se reposer un peu et de sentir cette odeur sucrée tel un bonbon si particulière au jeune prince. Le sang de l'érudit ne fit qu'un tour quand il entendit ce que Yuki venait de lui proposer. Non pas qu'il soit contre, Ahren tient tout de même à sa vie. La grimace qu'il venait de faire venait de traduire cette pensée instantanée. L'instinct de survie est présent chez toute personne mais beaucoup plus développée chez l'érudit. Alors pour ce faire pardonner de cet avis, vint appuyer ses lèvres sur celle de Yuki.
Le prince sortit de sa poche une petite boite contenant un collier en or. La question qui passa à l'esprit de l'érudit était : «...de l'or ça doit bien rapporter non ? ». Ce n'est qu'en voyant ses initiales inscrites dessus que l'envie de le posséder lui traversa l'esprit. Un présent de son amant il n'allait tout de même pas le revendre ? Bien sur que non, il le porterait avec plaisir et fierté. Ahren ne refusait pas les multiples baisers que le donnait Yuki en plus de ce collier en or ! Le trentenaire avait simplement l'impression de s'être fait acheter et d'avoir une dette de plus...
Ne quittant plus le bijoux en or des yeux, ces yeux qui brillaient de mille feux et d'amour face à l'objet, Ahren en oublia presque Yuki qui l'avait quitter pour s'allonger sur l'herbe. Sa fascination, sa contemplation, furent interrompues lorsque l'une de ses mains se retrouva serrée dans celle de Yuki. A ce moment ce qu'il vint contempler n'était point de l'or mais cela y ressemblait presque. Le visage souriant du prince, cette chaire allongée à ses côtés, ces cheveux soyeux bercés par le vent, Yuki était bien trop irrésistible pour que Ahren se retienne de venir baiser ces joues roses et ce cou brulant. Si enfin il pouvait dire « je t'aime » cela rendrait le prince très surement heureux. Si il pouvait lui avouer tout ses sentiments enfouis, si enfin, il arrivait à lui montrer. Yuki ne voudrait plus le quitter et c'est pour cette raison qu'il est impossible à l'érudit de dire quoique se soit.
Ahren s'allongea sur le prince, passa ses mains sous les vêtements, caressa cette chaire qui se donnait à lui sans réfléchir. Il caressa le creux des reins pour faire plonger Yuki, un peu plus loin dans la luxure. Leur lit sera cette herbe qui s'écrase sous le poids des deux corps, cette herbe qui se plie sous les caresses du vent. Ce vent qui mélange les chevelures, ce vent qui siffle aux creux des oreilles des deux amants. Seuls témoins de cet acte, les éléments et la nature, personne pour murmurer si ce n'est ce vent qu'aucun humain ne peut comprendre. Le cadre parfait un peu cliché pour cet échange embrumé. Les gémissements qui s'élèveront seront muet, les baiser plus chaud qu'à l'habitude, et le ciel qui se pare de son habit noir et scintillant enrobe dans l'obscurité chacun des deux hommes étroitement enlacé.
Les coeurs se déchirant, les esprits s'embrouillant, les corps qui s'emballent, les souffles coupés. Loin de tout, oublié à cet instant qui leur est réservé, Ahren s'empare du prince qui s'est donné en entier. Il mort sa peau, déguste ses lèvres, embrasse son ventre, s'attarde au creux de ses reins, et remercie la vie. Ce soir, Yuki lui appartient, ce soir pas d'empereur. La partie de cache cache qui entame une pose jusqu'au petit matin où tout redeviendra comme chaque jours qui ont précédés. Et ce secret pas si secret s'oublie comme tout le reste. Un jour Farnyf finira par savoir, et ce jour là Ahren espère seulement qu'il acceptera sans grogner, sans bannir. L'érudit pénétra le prince tremblant et l'embrassa avec tout l'amour qu'il put à ce moment lui donner sans l'avouer avec les mots. |